Un climat de confiance mutuelle est en même temps un climat de liberté et de joie. La confiance est quelque chose de progressif, c’est une croissance. On ne peut demander une confiance totale immédiate. Ce serait naïveté, inconscience, irresponsabilité. La confiance se mérite mais surtout elle se donne. Elle ne vient pas toute seule. Elle suppose un cœur qui se donne, un cœur qui s’ouvre à l’autre, qui accueille, qui est heureux de recevoir et de dépendre…Surtout, la confiance fait grandir, fait naître la confiance en retour et elle peut remettre quelqu’un debout. Mais c’est un combat difficile. Pourquoi ? Là encore à cause de la peur : on doute de l’autre, alors on a peur de donner sa confiance. Les grands apôtres de l’éducation ou de la charité, dom Bosco, Monsieur Vincent, sont des hommes qui ont su faire confiance, qui ont su donner leur confiance.et faire grandir les autres dans la confiance.
Jésus est un homme qui fait confiance. Personne ne t’a condamnée ? Moi, non plus, je ne te condamne pas, va et ne pêche plus ! (Jn 8,10-12) A l’intolérance de Simon le pharisien Jésus répond : Simon, j’ai quelque chose à te dire…tu vois cette femme…ses péchés si nombreux ont été pardonnés parce qu’elle a montré beaucoup d’amour (Lc 7, 47). A Pierre qui l’a renié il manifeste un surcroît de confiance, un surcroît d’amitié. Cette confiance sans limite de Jésus relève Pierre et l’ouvre à un amour sans limite.
C’est ainsi que la communauté devient une ‘schola Amoris’, …une école où l’on apprend à aimer Dieu, à aimer les frères avec lesquels on vit, à aimer l’humanité qui a besoin de la miséricorde de Dieu et de la solidarité fraternelle (n.25). Rappelez-vous cette citation de st Isaac : Vois, mon frère, un commandement que je te donne : que la miséricorde l’emporte toujours dans ta balance jusqu’au moment où tu sentiras en toi-même la miséricorde que Dieu éprouve envers toi et le monde.
Sachons plutôt voir les progrès, la bonne intention et ne pas rester fixés sur le geste ou la parole malheureuse que l’on garde et que l’on fait macérer dans le cœur tout l’hiver avec une pierre par-dessus comme lorsqu’on faisait de la choucroute ! Je termine par une dernière citation que je vous ai déjà lue, tirée toujours du même document :
Il ne faut pas oublier que la paix et le plaisir d’être ensemble demeurent l’un des signes du Royaume de Dieu. La joie de vivre, même au milieu de difficultés…fait déjà partie du Royaume. Cette joie est fruit de l’Esprit…une fraternité sans joie est une fraternité qui s’éteint…Une communauté riche de joie est un véritable don du Très Haut, accordé aux frères et sœurs qui savent le demander, et qui s’acceptent mutuellement en s’engageant dans la vie fraternelle avec confiance en l’action de l’Esprit (n.28).
Cette transformation de notre vie communautaire en confiance et en joie, ne serait-ce pas le signe de Cana que l’on peut confier à Marie pour que son fils le réalise
Dom Victor
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