Avant de prendre ma plume, je me suis agenouillée devant la statue de Marie: celle qui a donné à ma famille tant de preuves des maternelles préférences de la Reine du ciel ; je l'ai suppliée de guider ma main, afin de ne pas tracer une seule ligne qui ne lui soit agréable............

Comme le dit saint Paul:" Dieu a pitié de qui il veut, et il fait miséricorde à qui il veut faire miséricorde. Ce n'est donc pas l'ouvrage de celui qui veut , ni de celui qui court , mais de Dieu qui fait miséricorde." Thérèse de l'Enfant Jésus

mardi 20 août 2013



Car l'Esprit-Saint , c'est , en Dieu , quelque chose de très doux ,
c'est la bénignité de Dieu , et en cela , c'est Dieu même .


Pour l"éloignement du mal , Bernard recourt à la trilogie : " componction , supplication , rémission " .
Celle-ci semblerait appartenir à un ancien rituel de la Pénitence ........
Ici , redisons-le , Bernard s'attache à montrer l'action du Saint Esprit - non de notre propre esprit - dans chacune des phases qui mènent à la réconciliation de l'homme à Dieu ;Il les prend donc point par point et commence par défendre , pour ainsi dire , la cause de l'Esprit Saint en recourant à l'autorité de saint Basile à qui il emprunte l'exemple du feu :

Ainsi , pour nous faire éviter le mal ,
Il opère en nous ces trois choses :
la componction , la supplication , la rémission .
Le commencement du retour vers Dieu est donc la pénitence que ,
sans doute aucun , l'Esprit de Dieu et non le nôtre opère en nous ,
la raison nous assure de cette vérité et l'autorité la confirme .

Par la Componction

Lorsque transi de froid , quelqu'un est venu près du feu et 
s'en est trouvé réchauffé ,
doutera-t-il que la chaleur lui est venu du feu , 
sans lequel il ne pouvait avoir chaud ?
Eh bien ! de même pour le pécheur qui, tout d'abord gelé par l'injustice ,
ressent ensuite une ferveur de pénitence s'allumer en lui ;
il n'en doutera pas : un autre esprit est venu en lui ,
 un esprit qui l'accuse et le juge.......

Par la Supplication

Puis passant à l'étape suivante , à l'état d'âme que suppose la supplication , Bernard renchérit de nouveau sur la nécessité de la présence de l'Esprit pour que notre homme intérieur se laisse pénétrer par l'Espérance :

Mais à quoi bon se repentir d'une faute et ne pas supplier 
pour en obtenir le pardon ?
Il est donc nécessaire ,
 là encore que l'Esprit soit à l'oeuvre,
te remplissant à l'intérieur d'une certaine douceur d'espérance 
grâce à laquelle
tu présenteras ta demande avec confiance , 
et sans aucune hésitation .

L'adverbe " nécessaire " prend , comme souvent chez Bernard , toute sa force car la vertu théologale d'Espérance en la bonté de Dieu n'appartient pas à la nature humaine , elle suppose " surcroît" , celui de la " grâce salvatrice " pour la différencier de la " grâce créatrice " .
Et comme s'il n'avait pas été assez convaincant , Bernard en appelle à l'expérience de saint Paul qui attribue à l'Esprit Saint notre prière la plus profonde ;

Veux-tu que je te montre là encore l'oeuvre de l'Esprit Saint ?
De toute façon , tant qu'il est absent , 
tu en trouves rien de tel en ton esprit .
En définitive , il est celui-là même " en qui nous crions : Abba , Père " .
C'est celui qui prie pour les saints avec des gémissements inénarrables .
Et cela de passe en notre coeur .

Bernard n une fois encore , a bien démontré l'omniprésence de l'Esprit dans notre relation à Dieu .
Mais remarquons comment il n'a fait que mentionner la componction par ces simples mots : " se repentir d'une faute " .Il n'empêche qu'il considère celle-ci comme l'amorce du processus de la conversion du coeur , qu'il faut se garder de stopper , et à laquelle bien au contraire il convient de se livrer .
D'où l'interrogation qu'il a posée , destinée à faire conscience de l'enjeu qui se prépare .

Mais à quoi bon se repentir d'une faute et
 ne pas supplier pour obtenir le pardon ?

L'homme en effet est susceptible de rester captif dans l'amertume produite par le souvenir de ses fautes .
La tristesse risque de l'endurcir et même , comme Caïn , de le conduire au désespoir .
" La douleur en raison des péchés est nécessaire , dit ailleurs Bernard , à condition qu'elle ne soit pas continuelle .".....
C'est pourquoi , à la deuxième étape de la conversion , le pénitent reçoit une consolation qu'il ne faut pas repousser car elle l'aide à avancer .
Bernard la traduit joliment quand il dit dans un autre sermon : " Les étoiles ne sont pas pures aux yeux de Dieu , mais le coeur contrit et humilié , Dieu ne le méprisera pas . Qui a un coeur contrit est tout proche d'avoir un coeur pur , et c'est cela être selon le coeur de Dieu ;"..............

L'Esprit crée une atmosphère filiale dans l'esprit du chrétien repentant .
Dès lors , celui-ci s'adresse à Dieu comme à un Père , non comme à un juge .
Donc pour mettre en évidence une fois encore ce qu'il est en train d'inculper à ses frères , c'est-à-dire " ce que l'Esprit opère en nous , témoigne de Lui", Bernard ajoute : " Et cela se passe en notre coeur ".
Notre coeur est , en tant que l'homme est " à l'image de Dieu " , une " capacité de Dieu " .
En s'ouvrant à la bénignité de Dieu qui l'invite au repentir et à l'Espérance du pardon , il retrouve la familiarité divine pour laquelle il a été crée .

L'Esprit qui se manifeste dans la " douceur de l'espérance " occupe donc une place majeure à la seconde étape de la pénitence , en parfaite harmonie avec le qualificatif " très doux " et avec la bénignité qui ont été reconnus à l'Esprit au début du sermon .
Sans lui , la frayeur ou l'angoisse s'empareraient du pécheur .
Redisons- le sans nous lasser :




" Car l'esprit Saint , c'est , en Dieu , 
quelque chose de très doux, 
 c'est la bénignité de Dieu ,
 et cela , c'est Dieu même ?

Sermons de saint Bernard
Commentaire de soeur Françoise Callerot


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