Avant de prendre ma plume, je me suis agenouillée devant la statue de Marie: celle qui a donné à ma famille tant de preuves des maternelles préférences de la Reine du ciel ; je l'ai suppliée de guider ma main, afin de ne pas tracer une seule ligne qui ne lui soit agréable............

Comme le dit saint Paul:" Dieu a pitié de qui il veut, et il fait miséricorde à qui il veut faire miséricorde. Ce n'est donc pas l'ouvrage de celui qui veut , ni de celui qui court , mais de Dieu qui fait miséricorde." Thérèse de l'Enfant Jésus

mercredi 3 avril 2013

L'attachement préalable à Jésus Sauveur


Je crois que , rarement dans l'histoire du monde , l'homme a , à ce point , perdu le sens de Dieu ou plus exactement le sens d'un Dieu personnel et vivant , transcendant à tout le créé .
C'est à travers l'homme ou l'évolution du monde qu'on semble chercher l'absolu de la divinité , quand on ne le réduit pas à n'être que le devenir même du monde .
Ce climat influe sur la mentalité profonde de la génération chrétienne elle-même , dont le christianisme tend surtout à s'achever dans une reprise de conscience des lois d'une fraternité humaine totale .
Enrichissement certain dans le sens d'une mise en demeure de réaliser l'amour chrétien aux dimensions mêmes d'une humanité nouvelle .
Cette hantise de l'unité des hommes et de leur fraternité dans l'amour marquera toute spiritualité chrétienne de notre siècle , même la spiritualité contemplative .
Cependant , cette concentration des forces vives du christianisme sur le plan des réalisations institutionnelles et sociales ne va pas sans risques .
Ceux-ci n'ont pas été toujours suffisamment entrevus , et on sent les déviations très proches ou déjà amorcées .
On a déjà signalé cette attitude d'apologétique toute pragmatique , issue souvent d'un complexe d'infériorité du chrétien en face de l'ampleur des visions terrestres du communisme , apologétique qui aboutit trop souvent à ne présenter et à ne retenir de la doctrine du Christ et de l’Évangile , que ce qui peut immédiatement satisfaire le besoin d'unité et de fraternité d'une cité humaine terrestre en quête de paix .


De là à oublier la relativité de notre état et de notre destinée au Christ , 
et du Christ à Dieu-Trinité ,
 ainsi que le caractère théocentrique de toute religion et du monde lui-même , 
il n'y a qu'un pas . 
Il est souvent inconsciemment franchi .

Le monde chrétien moderne risque de perdre le sens de l'Adoration , de la contemplation toute gratuite de la Souveraine Beauté et du Souverain Amour , parce qu'il aura perdu le sens de sa relativité foncière et totale au Christ Verbe Incarné et Fils de Dieu .
On ne sentira plus le besoin de la prière , que pour surélever et vivifier la vie de l'homme .
On le sentira beaucoup moins comme élan spontané d'un amour qui va droit au Créateur de toutes choses et à l'Amour Incarné , au détriment de toute utilité tangible .

On a oublié le sens de la prière pure et gratuite .

Elle apparaît comme une perte de temps au sein d'un monde où la complexité et l'urgence des tâches à réaliser entraîne l'homme dans une véritable débauche de suractivité .


On a moins le sens de la prière , même dans beaucoup de milieux chrétiens , 
et c'est pourquoi l'on a aussi perdu le sens de certaines valeurs 
comme celle du silence et de la séparation du monde pour Dieu ,
 qui sont précisément les ultimes exigences psychologiques 
de toute âme en état de prière et d'adoration .

On parlera moins de Jésus-Christ en tant que Personne distincte , objet personnel d'amour , vivant actuellement auprès de son Père , mais on parlera surtout de la présence mystérieuse du Christ dans l'humanité .
On est plus spontanément porté à se servir du Christ pour guérir une humanité malade , plutôt qu'à servir dans le Christ , l'absolu d'une Personne divine , vers laquelle tout doit finalement converger dans l'amour et l'adoration .


D'où la gêne qu'on éprouve à parler d'un salut personnel .

On préfère aller à Jésus à travers l'homme parce qu'on veut , par-dessus tout , réaliser et combler les aspirations à l'unité et à la paix du monde moderne .

Tout cela est , certes , chrétien.
Une telle attitude , comme je l'ai déjà dit , marquera la spiritualité du siècle et conférera son visage propre à la prière même du contemplatif , dans la mesure où celui-là restera un vivant vraiment inséré dans sa génération .
Cependant , ce serait extrêmement grave 
 - grave au point que le christianisme ne serait plus 
ce que Jésus a voulu le faire - 
si nous en venions à mettre l'accent exclusivement
 sur cette recherche du Christ à travers et pour notre frère .

Loin de moi la pensée d'opposer les deux mouvements de l'Amour , dont les termes sont Dieu et nos frères .
Mais n'oublions pas que ce n'est pas de n'importe quel amour que nous parle saint Jean .


Il s'agit d'aimer avec ce que l'Apôtre vierge
 a senti dans le Coeur même du Christ ,
 et un tel amour ne peut exister réellement 
sans avoir la propriété de nous porter
 - à travers silence et séparation du créé -
 vers Jésus , Fils de Dieu , 
dans l'adoration et la prière gratuite qui sont le terme 
de tout amour pour Dieu .


C'est notre don à Jésus , tel qu'il est , en sa Personne même , 
qui est premier 
,et si nous trouvons Jésus en son Corps mystique que sont nos frères ,
 c'est précisément parce que nous avons trouvé Jésus Vivant.

En tout chrétien doit exister ce double mouvement - au moins à l'état naissant - d'une charité encore vagissante .
Dans le chrétien ordinaire , l'un ou l'autre mouvement prédominera , mais sans déchirement , sans écartèlement intérieur .
On aura les deux types , actifs ou contemplatifs.
On ne doit pas opposer , certes , contemplation et action comme on le fait trop souvent , mais il faut bien reconnaître des types de chrétiens et des vocations différentes .
Chez les saints , la tension entre les deux exigences d'amour est telle , qu'il y a constamment au fond de leur âme , l'écartèlement douloureux entre ciel et terre , signe certain d'une plénitude totale d'amour pour Dieu et pour les hommes .
Cet écartèlement est , en notre humanité brisée , comme me retentissement de l'écartèlement infiniment mystérieux et paisible que produisit , en l'âme de Jésus Fils de l'homme et rédempteur , l'absolue clarté d'amour de la vision béatifique .

R.VOILLAUME




mardi 2 avril 2013



Jésus , 
notre Dieu est le Vivant 

pour qu'à notre tour , 
nous devenions des vivants ...........

Quand l'absence réelle du Seigneur conduit à sa Présence réelle


Nimbé de lumière du matin de Pâques , 
Jésus Ressuscité interdit délicatement mais 
fermement à Marie- Madeleine de Le toucher .

Le sens de ce commandement mystérieux s'éclaire 
à la lumière de l'Ascension et de la Pentecôte .
Le Jésus historique va s'élever au ciel pour siéger 
à la droite de son Père ,
 de notre Père .
En ce monde , Il devient intangible , insaisissable .

Cependant , sa Présence parmi nous se réalise d'une autre manière , selon le mode sacramentel .

Et , fondamentalement , le fait que nous ne puissions plus toucher Jésus se révèle être une Grâce 
qu'Il nous fait ,
 celle d'être appelé à perpétuer dans les siècles ,
 son oeuvre Eucharistique ,
 pour la gloire de Dieu et le salut du monde .

En ce sens , dans l'oeuvre de Willen Drost ,
le Seigneur Ressuscité semble dire par son attitude ,
 jusqu'à son geste exquis de la main : 



" Ô Marie ,

 tu veux manifester l'amour dont tu brûles pour Moi ?
 Tu veux Me toucher , Me saisir , Me posséder ?
 Et bien, non , ne me touche pas ,
 mais aime tes frères et soeurs , tes frères et soeurs , 
qui sont dans le monde , et aime-les jusqu'au bout !

Ce que tu fais à ces petits qui sont les miens ,
 c'est à Moi que tu le fais .



Si comme Moi ,
tu donnes ta vie pour l'amour des autres , 
alors , non seulement , 
tu Me toucheras , tu Me posséderas , 
mais Je me donnerai à toi comme jamais ! 
Je serai ton Amour et ta Vie à jamais "

Ne me touche pas !! 
Comment dire ??
Au fond , Jésus révèle à Marie-Madeleine ,
 sa sainte aimante bien - aimée ,
 qu'il lui faut désormais devenir ...........chrétienne  !!!

Pierre-Marie Varennes


Alléluia Christ est vivant - Kilstett

jeudi 28 mars 2013

Le Sang de Jésus .........



Jésus est descendu jusqu'à nous par un chemin de sueur et de sang , pour nous démontrer le terrible sérieux de son Amour et sa Volonté de nous racheter .
Mais cette descente de l'Amour dans le déchirement de la chair n'avait-elle pas ainsi pour but de nous convaincre que ce travail de purification , de nouvelle création nous atteignait dans les plus obscures profondeurs de notre nature humaine là où s'enracinent nos péchés , nos refus , nos faiblesses , nos maladies du corps et de l'âme ?
Lorsque cela va mal , lorsque nous sommes comme physiquement appesantis par le péché , par la tentation ou simplement par le poids de nos impuissances , nous avons besoin de nous rappeler que le Sang de notre Bien-Aimé Sauveur et Médecin est là à notre portée .
C'est tellement la volonté de Jésus que ce Sang demeure à notre portée , qu'Il a voulu Le faire demeurer parmi nous d'une manière permanente sous les Espèces du vin dans le Mystère du Sacrifice Eucharistique .

Le Sang répandu ainsi par Jésus nous parle silencieusement et nous dira encore bien d'autres choses !
Ce sang en effet nous concerne chacun personnellement .

Si Jésus s'est imposé un tel travail et a payé un tel prix pour me transformer et me sauver , comment pourrais-je oublier que je suis obligé à suivre un chemin semblable pour aller vers Lui et pour que cette nouvelle naissance puisse vraiment s'opérer en moi ? 

C'est également dans la douleur , dans la peine , en suant sang et eau , que nous devons aller à la rencontre de notre rédemption afin de collaborer activement à l'oeuvre de notre propre salut .
Nous ne pouvons pas prétendre parvenir à la pleine mesure de notre charité et à la perfection que Dieu attend de nous , sans qu'il nous en coûte le sang de notre coeur , et celui de notre corps peut-être .
Comme nos illusions sont tenaces !!
Nous désirons certes suivre Jésus , nous avons même promis chasteté , obéissance , pauvreté , nous avons promis de vivre ensemble en frères , et nous ne supportons pas de rencontrer sur ce chemin le moindre obstacle , la moindre difficulté qui nous fasse souffrir! Quel illogisme !!
Et cependant , nous recevons chaque matin , la Grâce Divine à travers le sacrement du Sang versé de Jésus et de son Corps transpercé .
Comment Dieu aurait-Il choisi de nous communiquer sa Vie sous ces signes de mort sanglante , s'Il n'était pas dans son intention d'attendre de nous - dans une bien faible mesure cependant - un peu de générosité et de courage pour aller à sa rencontre sur le même chemin que Lui ?
Il faut en convenir : nous reculons bien souvent devant l'effort et le sacrifice , et nous promettons de suivre Jésus sans trop savoir ce à quoi une telle promesse nous engage .
Il en est bien souvent de nos demandes , comme celles que les apôtres Jacques et Jean adressaient à Jésus .
" Vous ne savez pas ce que vous demandez , leur répond le Maître , pouvez-vous boire à la coupe que Je dois boire et être baptisés du baptême dont Je dois être baptisé ?" Et Jésus parlait de l'effusion de son Sang . Ils lui répondirent : " Nous le pouvons ." 
Jésus leur dit : " La coupe que Je dois boire , vous la boirez ......."








Plus nous aurons le désir que notre amour pour Dieu, pour Jésus et pour nos frères ,
 soit réalité et fort , plus nous devrons être attachés
 à la réalité du Sang précieux du Christ .
Ce Sang doit être adoré , offert , vénéré dans le Mystère Eucharistique .

Ce Sang, nous devons Le recevoir en nous et vouloir qu'Il nous guérisse .
A cause du Sang de jésus , aucune faiblesse ne peut nous décourager ,
 car ce Sang est , au sens propre du terme ,
 notre guérison et notre force .

Il faut aviver notre foi au Sang de Jésus qui nous purifie
 par l'absolution du sacrement , 
et chaque fois que nous demandons le pardon à Dieu
 pour nos misères ...........

R.VOILLAUME


vendredi 22 mars 2013

Le regard du Christ


Apprendre à accueillir , à recevoir ce regard est une Grâce à demander .
Elle ne nous sera certainement pas refusée .
Notre part est de prendre le temps de vivre ce mouvement de vie .
Il s'agit de laisser pénétrer ce regard du Christ jusqu'au fond de la honte , de l'humiliation : 
Il va baigner , laver , purifier , reconstituer ce terreau-là .
C'est un regard particulier qui ne ressemble à un aucun autre ; peut-être n'avons-nous jamais été regardés de cette façon .
Il est profondément rassurant , d'autant qu'il est empli de vérité , ni laxiste , ni complaisant , mais d'une tendresse infinie .
Il va permettre à chacun d'être éclairé en vérité , de retrouver sa valeur propre , sa digité la plus profonde .
Sous ce regard , on entre peu à peu dans la certitude que nul n'est définitivement " coulé " ni considéré comme zéro, un néant , insignifiant , même s'il est objet de mépris ou ridiculisé .
On intègre peu à peu cette réalité essentielle , dont les conséquences sont incalculables , que l'être humain est créé à l'image de Dieu , que cette image est indélébile , inscrite à tout jamais dans le noyau de l'être , que personne , jamais ne pourra l'enlever .
Elle fonde le respect dû à tout homme , toute femme .


C'est ainsi que le Christ nous accompagne et
 nous aide à reprendre contact avec le coeur profond .


Une fois établis dans le coeur , nous prenons le temps d'intégrer jusqu'au plus profond de notre être cette révélation magnifique que nous sommes fils et filles de Dieu, que " rien ne pourra nous séparer de l'Amour de Dieu " ( Rm 8, 38_39 ) ; s'il arrive que nous soyons exclus d'une famille , d'un groupe , nous n'allons pas en mourir.
Certes , cette appartenance est importante , mais nous savons que nous avons une autre parenté originelle , qui , elle , dure à jamais ; nous faisons définitivement partie de la famille de Dieu ; nous pouvons nous y présenter dans l'état où nous sommes , avec notre passé , nos errances , nos failles , nos chutes , nos résistances et aussi notre désir de choisir au milieu de tout cela .

Ce regard nous rappelle la bonne Nouvelle du Royaume : lorsqu'une porte se ferme , une autre s'ouvre , un avenir est toujours possible , une forme de résurrection suit une forme de mort de quelque nature qu'elle soit ; un changement de direction , une évolution est toujours réalisable .
L'appel à la vie est là : il n'est pas question de mourir de honte mais de suivre l'impulsion de l'Esprit qui aide tout humain à ne pas s'immobiliser dans la mort , mais à se lever et à suivre le Vivant .







Le regard du Christ est un regard qui nous fait confiance
 au coeur même de notre honte .
Jésus a foi en nous .
Il nous apprend ainsi comment croire à nouveau en nous , de bonne façon ,
éclairés par l'Esprit ,
 comment libérer les forces vives du coeur profond qui vont nous permettre
 de nous rétablir dans la confiance en nos propres ressources vivifiées
 par la force même de Dieu .

Retrouver une pensée claire et ferme , rejoindre notre conviction la plus intime , nos intuitions les plus sûres , tout cela fait partie du retour à la vie .
Le Christ nous assure que , si nous sommes là , bien vivants malgré notre honte , c'est parce que Dieu nous y a mis avec une tâche qui est spécifique , que nous sommes seuls à pouvoir remplir .
Nous devons oser faire ce que nous faisons de mieux .
Il nous arrive de déraper et de commettre des erreurs , mais les sentiments de honte , quelle qu'en soit l'origine , ne doivent pas barrer notre fécondité , nous empêcher de déployer notre mesure propre .
N'oublions pas que ce regard du Christ est porteur de la puissance de l'Amour de résurrection .
Il nous mène de l'humiliation , de la honte , à l'humilité justement située , à la vérité sur nous-mêmes dans l'ombre et la lumière .
Il nous rassure , nous réconforte .
Nous sommes accueillis dans la lumière et la tendresse du Père , quoi qu'il arrive nous sommes toujours appelés à être artisans de vie .

Il est bon de s'exposer jour après jour , aussi longtemps que ce sera nécessaire , à ce regard de Jésus jusqu'à ce que les sentiments de honte aient disparu, que la douleur de l'humiliation se soit estompée et n'empêche plus de vivre .
C'est une manière vitale de faire évoluer une foi intellectuelle .
La tentation est toujours là d'aller trop vite , de vouloir cueillir le fruit avant qu'il soit mûr .
Ce mouvement s'inscrit dans la vigilance et la fidélité .
Il convient de laisser à la Grâce , le temps nécessaire pour enlever les épines et les cailloux qui encombrent la terre , la labourer profondément , la nourrir à nouveau , restructurer ce qui a été abîmé .

Celui ou celle qui a sombré dans la honte et en a été libéré , s'il a véritablement reçu au plus profond de son être , le regard du Christ , va à son tour en faire Don à qui en a besoin .
C'est ainsi que sur le chemin se trouvent des hommes et des femmes de tous les âges , de toutes conditions , dont la tâche est de transmettre la vie par ce regard guérissant .

Ose la vie nouvelle !!  Simone Pacot

mardi 19 mars 2013

Le Don de la Grâce......









..........
Or cette Grâce ,
 laquelle est une très excellente participation de la nature divine résidente
 en Jésus-Christ comme en son domicile ,
 découle de Lui sur les esprits qu'Il lui plaît ,
 ainsi que la vigueur du corps qui procède de la tête 
et se communique à tous les membres , chacun à proportion de ce qu'il est .

Et tout ainsi encore que les nerfs , prenant leur origine de la tête ,
 font liaison des parties diverses du corps avec elle ,
 autrement chacune demeurerait privée de vie 
sans participer à la subsistance de l'âme informante , 
et ensuite , séparées de leur tout , elles seraient inutiles à toute sorte d'emploi 

 de même Jésus -Christ ,
 épandant la Grâce et la Charité dedans les âmes saintes 
 en les unissant entre elles à ne faire qu'un corps avec Lui ,
 qui s'en constitue le Chef ,
 Il leur donne une subsistance non humaine , mais divine ;
 non point naturelle , mais mystique .

Et comme si ce n'était point encore assez 
, Il insinue dedans leur sein , son divin Esprit 
 afin qu'avec beaucoup de propriété et de vérité ,
 ils deviennent en Lui , non tant ses membres vénérables , 
qu'une même chose par participation , et , qui plus est ,
 une même personne mystiquement et un même Jésus-Christ par imitation .

Père Louis Chardon

jeudi 14 mars 2013

La Grâce peut davantage


L'apprentissage d'un agir qui soit continuellement accordé à l'action du Saint-Esprit en soi .......

Où l'on doit apprendre à travailler , non pas à la place de Dieu ni même avec Dieu , mais laisser Dieu travailler et prendre toute l'initiative en nous .

" Mon Père travaille sans cesse " ( Jn 5,17 ) ,
ce fut là une confidence de Jésus à ses disciples , qui ajoutait que toute son oeuvre à Lui ici-bas consistait à faire ce qu'Il voyait faire du Père .
De même , Dieu est sans cesse à l'oeuvre dans ceux qu'Il envoie , et il suffirait de Le laisser faire , tout en essayant de rejoindre son action en eux , afin de pouvoir collaborer avec Lui comme Il l'attend .

Et il n'y aurait d'ailleurs que cela à faire et rien de plus .

Chacun peut espérer qu'un jour viendra où il lui sera donné de collaborer ainsi avec sa grâce , désormais d'une façon toute différente de celle à laquelle il était habitué au début de l'expérience spirituelle .
De même que la plupart des chrétiens sont souvent tentés de réinventer des chemins de prière à leur mesure et qui leur réussissent , de même sont-ils exposés à vouloir tracer par eux-mêmes à leur guise des conditions de militance au service du Royaume .
Or , c'est Dieu qui sans cesse est à son oeuvre , et eux-mêmes ne sont là que comme des instruments .

Pour être un bon instrument , il suffirait de savoir repérer et discerner cette activité de Dieu en soi qui sans cesse cherche à prendre le relais de notre propre activité , pour nous agréger totalement à la Sienne .
En générale , il est difficile de se rendre compte à quel point cela suppose une transformation radicale de la façon de faire habituellement .
L'on est tellement habitué à travailler pour Dieu avec une bonne intention , en Lui demandant son aide dans la prière , et en comptant sincèrement sur cette aide tout au long de son travail ...
Mais l'accent reste inconsciemment mis sur l'activité de celui qui , à ses projets à lui , tout en comptant vaguement sur Dieu pour qu'Il en avalise vaille que vaille les résultats , parce qu'il aura trouvé à intégrer notre démarche généreuse dans ses plans d'action ...
Il est d'ailleurs certain que Dieu le fait , et que la fièvre d'activisme de certains le gêne à peine lorsqu'il s'agit de conduire à bien son dessein de salut .

Il existe cependant une façon toute différente de travailler avec Dieu , ou plutôt de laisser Dieu à l'oeuvre en celui qui travaille .
En un sens , cette manière est beaucoup plus légère et même plus reposante pour l'homme concerné .
De plus , il n'est aucun doute qu'elle ne rende davantage gloire à Dieu .
Cette façon privilégiée consiste simplement à se rendre en mesure de capter la longueur d'onde , si une telle comparaison peut être employée ici , sur laquelle Dieu est à l'oeuvre , afin de Le rejoindre sur cette longueur-là , et de paisiblement nous prêter à son action .

Sans doute est-ce là ce que Dieu voudrait tant apprendre à l'homme .



Car Il est Lui-même continuellement à l'oeuvre dans son Eglise et dans le monde , qui tous les deux sont des ouvrages de choix sortis de ses mains .
Dieu est éminemment actif .
Pour agir , Il n'attend pas que l'homme agisse le premier .

Au contraire , sa Puissance , telle un ouragan , se déchaîne continuellement sur l'univers .
Son activité est présente partout , mais c'est l'homme qui a quelque difficulté à la capter exactement .
Pour reprendre la même comparaison , l'activité humaine se développe souvent sur une autre longueur d'onde que la Sienne .
Il n'est même pas exclu que les émissions des hommes , leurs activités parfois intempestives, brouillent de temps à autre les émissions divines .
Il leur faudrait parfois arrêter le train endiablé de leurs activités , savoir faire une pause , déposer les armes et croiser les bras , pour écouter longuement le silence de leur coeur .

C'est à ces moments-là que l'agir de Dieu aura quelque chance d'émerger et de prendre l'initiative au-dedans d'eux .................


APPRENDRE CE QUE SIGNIFIE COLLABORER 
AVEC LA GRACE DE DIEU :

ÊTRE ATTENTIF A ELLE , MAIS NE JAMAIS PRÉSUMER D'ELLE ;
LA SERRER DE PRES , MAIS NE JAMAIS LA PRÉCÉDER .

C'EST DIEU ET DIEU SEUL QUI NE CESSE DE RENOUVELER 
SES MERVEILLES;


Dom André Louf  " La Grâce peut davantage "


mercredi 13 mars 2013

La croix de Jésus

Je ne sais pourquoi, mais il y a des moments où j'ai le coeur plein d'inquiétude et d'effroi , à cause de vous tous , à cause de moi .
J'ai sous les yeux , ce matin des plaies béantes , du sang , une agonie , une vie brisée en pleine force humaine , une mère écrasée , broyée en son être de mère : le Croix de Jésus .
Je viens de lire un passage de saint Paul, qui faisait tellement un avec son Maître bien-aimé , que la vie , pour lui , c'était de s'étendre sur la Croix même de Jésus , et d'être cloué avec Jésus sur la Croix .
Ce désir d'être toujours avec Jésus le consume : " Car la vie pour moi , c'est le Christ , et ce m'est un gain de mourir .Mais si vivre dans la chair signifie pour moi la fécondité du labeur , je ne sais vraiment que choisir .
Je suis pressé des deux côtés : je désire partir pour être avec le Christ , et ce serait de beaucoup le meilleur ; mais demeurer dans la chair est préférable à cause de vous ."

Nous ne savons que trop ce que signifie : demeurer dans la chair et être avec Jésus !!

Je suis inquiet , Petits Frères ,et je voudrais que vous le soyez tous , de la même inquiétude , de la même crainte d'être infidèles à Jésus , notre grand Dieu et notre Frère , si pur , si exigeant , où tout est amour obéissant et don à son Père ....

La Croix ! Qu'au moins un moment dans notre année nous sachions ce que cela veut dire !!!

Peut-être ceux d'entre vous qui sont plus âgés et plus anciens dans la vie religieuse me comprendront-ils plus complètement .
L'âge , en chacun de nous et pour toute la Fraternité , n'est-il pas la véritable épreuve du monde ?
Je suis effrayé , au cours de mes voyages , de constater que même dans les coeurs de prêtres et de religieux , trop souvent la Croix n'est pas vivante , la Charité pas assez humble , le détachement pas accompli .
Je suis angoissé lorsque je constate le même débat intérieur , le même poids de la chair et le même égoïsme latent dans nos luttes , à mesure que les années passent et que le monde est toujours là , se faisant plus pressant pour nous vaincre et nous arracher à Jésus avant que nous ne soyons à Lui définitivement et pour jamais .

Petits Frères , nous sommes fous de vouloir vivre comme nous le faisons, et la plupart d'entre vous le sentent bien !!
Oui , il faut être fou , pour affronter la chasteté au milieu du monde , la stérilité humaine d'une vie , la pauvreté , la fatigue , le côtoiement permanent d'hommes qui vivent que pour l'argent ou les plaisirs .
Pourquoi cela ??
Tentation du cloître solidaire , et apparemment séparé des luttes les plus dures , tentation d'une vie laïque passionnante d'action , tentation de réussir une oeuvre humaine en laquelle nous réfugier ?
Oui , il faut être fou pour vivre comme nous vivons , mais il faut entretenir en nous cette folie : c'est celle de la Foi , celle de Jésus , celle de la Croix surtout .
Paul , les Apôtres , les saints ont été des fous et ils ont compris pourquoi et comment ils pouvaient l'être ....

Vouloir être fou à cause d'un appel de Jésus !!

Souvenons-nous de tout ce que Jésus nous a dit à ce sujet , et qu'il faut être complètement , absolument renoncé pour Le suivre ainsi !!!
C'est maintenant , au midi de la vie , que vous comprendrez ce que cela veut dire de n'avoir pas creusé les fondements assez profonds , les fondements du détachement , du sacrifice volontaire , de l'abandon de soi à Jésus ; si ces fondements ne sont pas encore assez solides , il faut travailler à les creuser , sans cela vous ne pourrez pas persévérer .

C'est le moment où jamais de comprendre le sérieux d'un appel de Jésus dans votre vie , et ses retentissements jusque dans votre corps même .
Car c'est dans votre chair , dans la soif des plaisirs , dans la nécessité d'être dans le monde comme n'y étant pas , c'est là , en plein milieu , qu'il faut planter la Croix , volontairement , librement , patiemment , dans l'humilité de l'obéissance jusqu'à la mort ;

Il faut nous soumettre à l'obéissance de Jésus .

Petits frères , je prie dans la crainte , mais encore plus dans la confiance en l'Amour que Jésus nous porte , afin que nul parmi vous ne soit trouvé tiède au jour de la visite du Seigneur , afin que vous sachiez surmonter , dans la Joie de la Foi et du sacrifice volontaire , les tentations de la maturité de la vie , afin que Jésus soit tout pour vous !!

Il ne le sera pas sans la Croix , et Celle-ci signifie pour chacun des choses très concrètes et une ascèse généreuse .



Oui , dans la Joie d'être à Jésus , nous ne pouvons vivre comme tout le monde , et nous ne pouvons Lui appartenir complètement sans être fous de sa Croix .
C'est sur son appel que nous osons vivre ainsi parmi les hommes , qui ne peuvent ni comprendre , ni approuver une telle folie .

La folie de générosité de la jeunesse est passagère .

La Foi , la Croix et la Prière sont les seules racines qui peuvent permettre à la folie de Jésus de demeurer en nous à un âge où l'égoïsme et l'installation en soi-même deviennent insensiblement les motifs qui nous font agir .
C'est la Foi au Christ Jésus et à son appel que vous devez vous reprendre , afin que la Joie de Pâques soit une Vrai Vie Nouvelle .

La vie selon Dieu jaillit de la mort , non pas de la mort consommée une fois pour toutes , mais d'une mort continuellement en travail au fond de nous-mêmes .

Que la Joie de Jésus vous aide à comprendre ce que j'aurais voulu vous dire .
C'est pourquoi il importe peu que ce mot vous arrive avant Pâques ou après : le mystère est toujours vivant en nous , de la Mort et de la Résurrection .


R. VOILLAUME